Certaines longueurs d’ondes peuvent augmenter la « valeur santé » des fruits et des légumes

Publié par Laurent Urban le

Certaines longueurs d’ondes peuvent augmenter la « valeur santé » des fruits et des légumes

L. Urban et J. Aarrouf

Au début de notre aventure, il y avait l’idée qu’on pouvait exploiter certains rayonnements pour stimuler la production de micronutriments par les plantes. On sait en effet que de nombreux rayonnements, y compris dans le domaine du visible, stimulent des voies de synthèse chez les plantes, pouvant conduire ces dernières à accumuler des molécules d’intérêt, et notamment des molécules apportant des bénéfices nutritionnels aux consommateurs humains que nous sommes (Gonord et al. 2010). 


Ces molécules, qualifiées de micronutriments en raison de leurs faibles concentrations dans les tissus et organes végétaux consommés, recouvrent des vitamines, des provitamines (destinées à être transformées en vitamines dans le tractus digestif) et aussi des composés moins essentiels à notre survie que ces dernières, mais capables de nous conférer de puissantes protections contre les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies neurodégénératives et les maladies métaboliques comme l’obésité et le diabète de type 2 (Urban 2017). Ce n’est pas par hasard qu’on nous recommande de consommer cinq fruits et légumes par jour ! 


Malheureusement beaucoup de consommateurs ne suivent pas cette recommandation et il paraît donc utile de leur proposer des produits enrichis en micronutriments par des méthodes douces et respectueuses de l’environnement. 


L’utilisation de la lumière a fait l’objet d’un certain nombre d’études prometteuses (Huché-Thélier et al. 2016). Parmi les longueurs d’ondes qui ont suscité le plus d’intérêt dans la communauté des chercheurs, on trouve les rayonnements inférieurs à 400 nanomètres, c’est-à-dire les rayonnements ultra-violets (UV).
Ces derniers ont été testés, notamment par notre équipe, et notamment sous la forme de flashs de lumière pulsée générés par des lampes à xénon, appliqués après et aussi avant récolte (de Almeida Lopes et al. 2015, 2017 ; Fgaïer et al. 2019). Il a été montré, par exemple, que des flashs appliqués en début de phase de conservation permettaient d’augmenter la concentration en caroténoïdes de près de 350 % chez la mangue. Les caroténoïdes sont des pigments dont beaucoup sont des provitamines A. 


Ce résultat remarquable montre tout le potentiel de la lumière et annonce déjà celui des expositions très courtes que nous allons développer plus loin.

La consommation de fruits et légumes nous apporte de grands bénéfices nutritionnels

Les rayonnements UV-C

Le soleil émet différents types de rayonnements. Notamment dans les domaines du visible (longueurs d’ondes comprises entre 400 et 700 nanomètres), de l’infrarouge (plus de 700 nanomètres) et de l’ultraviolet (100 à 400 nanomètres). Le rayonnement ultraviolet (UV) est invisible pour les êtres humains. On distingue les UV-A (315-400 nanomètres), les UV-B (280-315 nanomètres) et les UV-C (100-280 nanomètres). 


Seuls les rayonnements UV-A et UV-B parviennent à la surface de la terre ; les UV-C, quant à eux, sont arrêtés par la couche d’ozone qui a été formée progressivement à partir de l’oxygène produit par la photosynthèse des végétaux. Les UV-A et les UV-B sont nocifs pour les êtres vivants à haute dose mais ils jouent aussi des rôles positifs à faibles doses. Ainsi ils stimulent la synthèse de la vitamine D chez l’être humain. 


Chez les plantes ils sont impliqués dans la synthèse de composés importants comme les flavonoïdes. Les UV-C sont plus énergétiques que les UV-A et les UV-B. Ils paraissent donc potentiellement plus dangereux. En fait, c’est l’inverse car ils sont arrêtés rapidement dans les couches superficielles des tissus. 
Les effets positifs des faibles doses d’UV-C ont été cependant peu étudiés à ce jour.